lundi 16 décembre 2013

Résumé de la conférence de M Francois Clavayroly du 29 octobre 2013


Calvin et les juifs
Le 9 octobre 2013, le temple était complet pour écouter François Clavairoly, président de la Fédération Protestante de France, donner, au temple de Saint Germain en Laye, une conférence sur les relations entre Calvin et les juifs, invité par l’Amitié Judéo-chrétienne de Saint Germain en Laye et environs.

Il a d’abord rappelé le contexte historique du XVIème siècle : la Réforme luthérienne se met en place dans l’Empire de Charles Quint, créant un geste certes religieux mais aussi politique dans ce pays divisé. En même temps en Angleterre le Roi «nationalise» l’Eglise. L’humanisme se répand partout en Europe, avec les nouvelles universités, la lecture des textes grecs, latins et hébreux, et donc avec les traductions de la Bible dont la connaissance s’étend. En France le Collège Royal, ancêtre du Collège de France, est créé. François 1er opte pour l’unité nationale fondée sur une unité religieuse, où par un concordat, il continue à nommer les évêques, alors qu’il persécute les luthériens en créant les chambres ardentes. Calvin va donc porter les idées de la réforme luthérienne dans ce contexte.
En même temps la place des juifs est très réduite, du fait de leur très faible nombre en Europe. Ils ont en effet été expulsés d’Angleterre, de France, d’Espagne, de Genève, des états allemands (sauf dans quelques villes : Worms, Francfort, Prague et Strasbourg). Mais ils connaissent aussi une effervescence intellectuelle et gardent des contacts avec les chrétiens. Ils sont dans un temps d’attente spirituelle d’une ère de paix et de venue du Messie.
Calvin apprend le grec et l’hébreu. Il lit la Bible en hébreu et en latin. Et son regard sur les juifs change : ils ne sont ni coupables ni objets de mépris. Nous sommes tous coupables et tous pécheurs. Il reconnaît la prééminence et la place d’honneur des juifs, premiers nés dans l’ordre du Salut. Nous leur sommes adjoints par la foi. A la différence des Pères de l’Eglise, il reconnaît qu’il n’y a pas d’abolition de l’alliance entre Dieu et Israël, et donc que les juifs ne sont pas les ennemis des chrétiens.
La force et la violence des polémiques du XVIème siècle étonnent les hommes modernes, mais l’Eglise Protestante réformée est marquée par cette orientation de Calvin. Il a créé un nouveau rapport entre Ancien et Nouveau Testament. Il n’y a qu’une seule Alliance entre Dieu et l’humanité, portée par la Bible. Les deux Testaments sont tous les deux le lieu de révélation du message du salut. Seule diffère la chronologie.
Calvin est un homme de son temps. Il a critiqué le culte synagogal car il ne pouvait pas le connaître. Mais sa théologie l’a emporté contre le contexte historique. 

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